Si le jeu vidéo intéresse les joueurs, il est aussi une affaire de professeurs.  L’histoire n’est pas une science exacte,    son traitement demande bien du tact !

 

Et oui, une nouvelle chronique culture sur le jeu vidéo ! Et comme pour la dernière, nous allons parler de la série Assassins Creed ! Pour la description de l’intrigue commune à tous les opus, je ne peux que t’inviter cher auditeur à la réécouter en podcast.

 

Ici, nous allons surtout nous intéresser à Assassins Creed comme un objet ludique bien sur mais aussi comme le réceptacle d’un discours subjectif sur des périodes de l’histoire. Il est donc un document porteur de mémoires collectives communes à tous, aux joueurs et joueuses.

 

Ainsi, Assassins Creed porte une vision de l’histoire où les humbles n’ont que peu d’impact sur le cours des évènements, déterminé par les deux sectes s’affrontant pour le contrôle de l’humanité, Assassins et Templiers. Les avatars du joueur dans les différents opus ne peuvent pas bouleverser le déroulement des faits historiques.

 

Prenons l’exemple d’Assassins Creed : Freedom Cry, nous interprétons le personnage d’Adéwalé, un esclave émancipé en lutte pour mettre fin au système esclavagiste dans les Caraïbes du 18ème siècle. Et le joueur ne peut précisément pas démanteler cette société esclavagiste, il n’y pas de narration dite « contrefactuelle ». Le cours de l’intrigue oblige même l’avatar du joueur à déposer les armes alors que les massacres d’esclaves par leurs maîtres se poursuivent.

Adewalé, Assassin’s Creed : Freedom Cry

Autre exemple, le troisième opus de la série se déroulant au moment des évènements de la Révolution américaine. Le joueur incarne Connor, un métis, amérindien et anglais, se battant pour protéger son village et son peuple de la colonisation se poursuivant malgré le conflit. Ton personnage est instrumentalisé tour à tour par ses « alliés », les patriotes américains et l’ordre des Assassins. Privé de son libre arbitre, ses actions sont systématiquement utilisées au profit d’autres et Connor finit par échouer à empêcher l’aliénation de son peuple.

 

SPOIL] La coupe iroquoise de Connor sur le forum Assassin's Creed III -  01-11-2012 15:02:19 - jeuxvideo.com

Connor, Assassin’s Creed III

 

 

On l’a vu, les différentes « races » et minorités sont représentées dans différents opus de la série Assassins Creed. Mais leurs possibilités d’agir dans le jeu restent traditionnelles. La Grande Histoire, et l’intrigue dans laquelle elle est imbriquée, restent faites par les grands hommes blancs.

 

Enfin, est-ce qu’Assassins Creed est-il crédible d’un point de vue historique ? La construction des villes et des scènes dans le jeu sont la partie de la conception la plus documentée. La fidélité visuelle participe à l’immersion du joueur dans la véracité historique. On remarque pourtant que les concepteurs ont eu le souci de répondre aux attentes des joueurs quant à des époques historiques, par exemple la Marseillaise en 1789 dans Assassins Creed Unity.

 

Dans Assassins Creed Syndicate. Ils développent une démarche anhistorique, c’est-à-dire que des pensées contemporaines impactent l’intrigue du jeu. Par exemple, à un instant du jeu, le joueur doit libérer des enfants travaillant dans des usines. Les concepteurs sont donc partie du principe que ce travail ne pouvait qu’être forcé alors que bien des enfants de l’époque victorienne se devaient de travailler pour subvenir aux besoins de leurs familles.

 

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Assassin’s Creed Syndicate

 

 

Cher lecteur, à très vite !